CHĂVRE
Grimpeuse des hauteurs. La chĂšvre escalade ce que les autres ne peuvent atteindre : sommets escarpĂ©s, falaises vertigineuses, territoires oĂč l’air se rarĂ©fie. Elle symbolise la capacitĂ© Ă s’Ă©lever lĂ oĂč peu osent aller, Ă surmonter les obstacles par l’agilitĂ© et l’instinct.
La mythologie grecque raconte qu’AmalthĂ©e, la chĂšvre divine, nourrit Zeus enfant avec le nectar et l’ambroisie contenus dans ses cornes. Elle lui donna la force de devenir roi des dieux. Zeus, reconnaissant, fit d’elle l’Ă©toile Capella. Quand il brisa par jeu l’une de ses cornes, il en fit la corne d’abondance, symbole de fertilitĂ© et de richesse inĂ©puisable.
La chĂšvre incarne la libertĂ©. Elle refuse les chemins tracĂ©s, prĂ©fĂšre les sentiers impossibles. ObstinĂ©e, elle suit son instinct plutĂŽt que le troupeau. Dans les traditions chamaniques, elle guide ceux qui s’aventurent sur des terrains difficiles, en gardant les pieds sur la roche mĂȘme quand l’esprit s’Ă©lĂšve.
NOYER
Arbre sacrĂ© des Celtes. Ses noix ressemblent Ă de petits cerveaux, ce qui en fit le fruit associĂ© Ă la clairvoyance et Ă l’intuition chez les druides. Le noyer donnait, disait-on, la passion et la force de dĂ©fendre sa joie de vivre. Rien n’y Ă©tait fait Ă moitiĂ©.
Au Moyen Ăge, les Ă©rudits venaient Ă©tudier et mĂ©diter sous son feuillage. Arbre de la sagesse et de la connaissance, il abritait la rĂ©flexion autant que le corps.
La mythologie grecque le rattache Ă Karya, plus jeune fille du roi Dion, mĂ©tamorphosĂ©e en noyer par Dionysos. Les Romains l’appelaient Juglans, « gland de Jupiter » : mets rĂ©servĂ© aux dieux avant de nourrir les hommes.
Le noyer porte une dualitĂ© ancienne. Arbre de vie et de mort Ă la fois, arbre de lumiĂšre et d’ombre. On disait qu’il ne fallait pas s’endormir sous ses branches, qu’il gardait pour lui les forces qu’il prenait Ă ce qui poussait autour de lui. Mais ses fruits, une fois libĂ©rĂ©s de leur Ă©corce puis de leur coque, offrent une richesse nutritive rare, Ă qui prend le temps de la patience.
Bois lĂ©ger et dense, il porte cette double nature dans sa matiĂšre mĂȘme : Ă©lĂ©gance et robustesse, clartĂ© et profondeur.
JASPE MALIGANO
Pierre nĂ©e dans les volcans de Sulawesi. DĂ©couverte rĂ©cente, au dĂ©but des annĂ©es 2010, prĂšs du petit village de Maligano en IndonĂ©sie. Les premiers fragments extraits ressemblaient Ă des roches ordinaires. Ce n’est qu’aprĂšs la dĂ©coupe et le polissage que les motifs sont apparus, rĂ©vĂ©lant des paysages minĂ©raux entiers pris dans la pierre.
Le jaspe Maligano est une brĂšche : des fragments de roche brisĂ©s par le mouvement de la terre, puis ressoudĂ©s naturellement par le temps. Chaque pierre porte la mĂ©moire de cette fracture et de cette reconstruction. Gris cendrĂ©, ocre dorĂ©, bleu pĂąle, brun volcanique, parfois des touches de rouge ou d’orange, le tout traversĂ© de fines veines d’agate argentĂ©e.
Cette structure brisĂ©e-recomposĂ©e en fait une pierre de reconstruction. Elle accompagne les pĂ©riodes oĂč il faut assembler les morceaux d’une situation, d’une pensĂ©e, d’une vie, pour en dĂ©gager un sens nouveau. Elle porte la promesse que ce qui se fracture peut se ressouder, plus solide qu’avant.
ĂQUILIBRE CRĂĂ
La liberté de la chÚvre rencontre la sagesse profonde du noyer. Une grimpeuse instinctive portée par un bois qui invitait les érudits à la réflexion. Mouvement et contemplation. Instinct et intelligence.
Le jaspe Maligano vient sceller cette alliance avec sa mĂ©moire de fracture et de reconstruction. Il donne Ă la chĂšvre qui grimpe et au noyer qui mĂ©dite un troisiĂšme Ă©lĂ©ment : la capacitĂ© Ă comprendre ce qui s’est brisĂ©, Ă recomposer un chemin Ă partir des morceaux.
Instinct et lucidité. Ascension et enracinement. Rupture et reconstruction.
Tambour 40 cm â Fabrication artisanale





